Victoire au poing

le blog de Maxime Pisano

Mes vraies vacances ne commencent qu’à partir du 23 août au soir. Mais j’ai besoin dès maintenant d’une immense bouffée d’air. La rentrée politique sera rude, et si je ne m’aère pas un tant soit peu l’esprit je vais avoir du mal à supporter ce cap important, sur le net ou ailleurs. Il y a aussi dans le lot les guéguerres usantes. Pas un jour sans qu’on parle d’une certaine bande de débiles, ça lasse à la longue. J’ai créé ce blog pour parler de politique, pas d’imbéciles qui aiment se faire mousser.

Alors, à partir de… maintenant, je déconnecte. Pour de vrai, du moins je vais essayer. Je pense vraiment devoir tenter ce nécessaire sevrage pour retrouver du plaisir à écrire ici, et discuter avec vous. Je ne suis pas loin: Twitter, Facebook et autres réseaux sociaux sont toujours mes terrains de jeu, ma boîte mail également, ainsi que mon Netvibes. Je suis toujours là, tremblez, notamment sur mon blog personnel, qui risque d’être davantage rempli qu’ici. Vacances, vous dis-je, on se détend, on déconne, on oublie tout.

Retour à la blogosphère politique prévu le 30 août. Si je ne craque pas avant. Souhaitez-moi bonne chance!

Ouais, sans blague. C’est en tout cas ce que révèle un sondage paru aujourd’hui dans Ouest-France. 52% des personnes interrogées estiment que le Parti socialiste ne s’oppose pas assez au gouvernement. Sans vouloir faire mon jeune merdeux qui sait tout, c’est ce que j’avais prédit après les municipales: le Parti socialiste s’est quand même sacrément reposé sur ses lauriers, et si je ne suis pas d’accord avec le PS ne s’opposerait pas, il est certain que les propositions alternatives sont en-deçà de ce que nous, militants, attendions.

Je le répète, relativisons néanmoins: ce sondage a été fait en pleine torpeur estivale, où la seule actualité socialiste se résumera sans doute à la rencontre Royal/Dalaï Lama et à la fameuse Université d’été, annuelle empoignade estivale des egos. Ce sont eux finalement qui nous foutent dans cette splendide merde, et c’est là que je suis d’accord avec la majorité des sondés, qui estiment que la situation du PS est dûe à l’incompétence chronique de ses dirigeants. Cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant.

Ce sondage est un peu fourre-tout, mais a le mérite de la clarté, même si la lecture qu’on peut en faire est hasardeuse: s’il est vrai que 41% des sondés souhaitent une alliance avec le MoDem, 30% souhaitent une alliance avec les autres partis de gauche et… 18% avec le futur NPA. C’est donc prioritairement des alliances à gauche qui sont souhaitées, et cela, il faudra le retenir lors des prochaines échéances.

En clair, s’il est certain que ce sondage utilise un procédé fourre-tout et une période propice à ce genre de considérations, il révèle néanmoins une évidence: le PS n’est pas sexy. Le PS n’est pas visible, n’est pas audible. Et ce, que ce soit localement ou nationalement. Soyons clair: l’Université d’été ne changera absolument rien à la donne, la bataille des egos va juste débuter, pour ne finir qu’en novembre. A croire que chez nous, le cycle est toujours le même: “primaires”, vote, échéances, satisfaction ou déception, et re-belote.

Le fond? Je crains que nous ne devions attendre le Congrès pour en savoir plus. Même si les contributions sont intéressantes, elles n’ont que peu de perspectives puisque le débat n’est évidemment pas public, et surtout parce que ces idées-là, on attend que quelqu’un les défende enfin. Peut-être, un jour.

Comme blogueurs politiques (commentateurs ou militants), j’ai été invité par le MEDEF à participer à leur Université d’été. “Voir en grand”, voilà le thème. On est au moins sûr que Nicolas Sarkozy ne sera pas présent. Quelques extraits du mail:

Nous mettons cette année des moyens exceptionnels à la disposition des blogueurs qui souhaitent participer à cette opération de Live Blogging :

  • Accréditation de type “Presse” avec badge spécifique,
  • Une aide à l’identification et à la prise de contacts avec intervenants et participants,
  • “Espace blogueurs” avec du WiFi à très haut débit, des ordinateurs en libre service, des consoles de montage vidéo sur PC… pour rédiger leurs billets dans une ambiance conviviale,
  • Un plateau “Web TV”, avec régie et 3 caméras, pour réaliser des interviews et participer à des débats,
  • Un pool d’images vidéos mutualisées sur notre serveur de streaming flash (players embed à disposition),
  • Une opération de Cross Blogging sur le blog de l’événement www.voir-en-grand.fr où chacun disposera d’un compte auteur et d’une fiche profil,
  • Un compte Twitter pour le micro-blogging …

Et plein d’autres surprises.

J’ai hélas dû refuser, même si c’était -ahem- très alléchant:

Bonjour, et merci pour votre invitation. Je ne pourrai malheureusement pas être présent, la faute à un code du travail trop rigide qui m’oblige à prendre des vacances.
Merci et à bientôt.

;-)

Je suis vraiment énervé par la nouvelle mesure -qui fait l’objet de nombreux commentaires dans la presse, d’ailleurs- trouvée par le gouvernement. Dans un contexte de récession économique (PIB en baisse pour la première fois depuis 2002!), de dette publique abyssale et de suppression de postes à tout va dans la fonction publique, notre bon Président et son Très Grand Gouvernement n’ont rien trouvé de mieux que d’offrir la gratuité scolaire aux enfants d’expats.

Bien sûr, on va facilement arguer du fait que c’est un prinicipe républicain, et gnagnagna. Mais cela ne concerne manifestement pas que les écoles publiques. En outre, sans tomber dans le cliché de l’expat nanti, force est de constater que leur situation est tout de même moins alarmante que la famille précaire dont les allocs baissent cette année. On ne peut donc pas dire que cela réponde à un besoin fondamental, en tout cas ne répondant pas de l’esprit républicain: leurs parents avaient des revenus annuels oscillant entre 500 000 et 2 millions d’euros.

Le coût, quant à lui, est exorbitant: 20 millions d’euros pour les seuls élèves de Terminale, et un coup évalué dans une note non publiée de 713 millions d’euros par an, d’ici à dix ans! Voilà donc à quoi servent les dizaines de milliers de suppressions de postes. Pour le secondaire, des bourses existent pourtant pour les plus nécessiteux, il suffisait de cibler ce public et de les revaloriser en conséquence, ce qui aurait coûté moins cher et aurait respecté davantage les principes républicains, en fonction des besoins. Ou bien de mettre en place une cotisation pour les insérer dans le système français.

Mais bon, tout n’est pas perdu: Loïc Le Meur pourra toujours scolariser gratuitement ses enfants à San Francisco.

MAJ 20h55: Je parle bien sûr de mon indignation pour ceux qui n’ont pas de foyer fiscal en France. Dès l’instant où l’on cotise pas de problème. Ce qui me gêne, c’est que le communiqué du ministère n’est en aucun cas restrictif sur la question. Il y a de quoi s’inquiéter.

Vous allez me dire que je fais une fixette sur le sujet. Mais que voulez-vous, l’arrivée de VélOstan Lib’ à la rentrée soulève bien des questions pour le -récent- cycliste que je suis. J’ai trouvé le nouveau site de VélOstan très beau, et bien foutu, ça c’est certain. On trouve facilement les informations pratiques, et notamment… où trouver des “aménagements cyclables”. Evidemment, sur le plan, pas de distinction entre pistes cyclables et bandes cyclables, la comparaison risquerait d’être peu avantageuse.

J’ai donc ouvert ce joli pdf, que je vous invite à regarder attentivement.Le centre-ville est plutôt bien desservi, encore que, on pourrait facilement soulever le problème de la cohabitation entre les bus et les vélos (hmm, me prendre le pot d’échappement, quel délice pour mes narines). Les Rives de Meurthe sont également plutôt bien desservies avec, notamment, de vraies pistes cyclables, dans les coins de la Plaine Flageul.

Et là, plus au Sud, quelques trous. Mais bon, pas de petits trous, hein; des quartiers entiers, parfois: Mon-Désert/Jeanne d’Arc/Croix de Bourgogne, Bonsecours/St-Pierre/René II, Haussonville/Blandan/Donop. Et au Nord, Boudonville/Scarpone/Libération. Le cycliste nancéien évitera naturellement ces quartiers, notamment le premier; j’ai testé: faire le trajet du conseil général à la rue St-Dizier en vélo est un vrai parcours du combattant. Rue Jeanne d’Arc, Pont des Fusillés… Autant d’endroits où ça déboule à des vitesses hallucinantes, et où les files sont riquiquis. C’est à ces endroits-là que l’instauration d’une zone 30 prendrait à mon avis tout son sens, et non dans un endroit où l’on ne va déjà pas au-delà de cette vitesse en temps normal.

Je le dis et le répète, il est impensable de lancer un service si les infrastructures ne sont pas préexistantes. Et force est de constater, grâce à ce petit document, qu’il existe une vraie inégalité territoriale selon le quartier de Nancy où vous vivez.

L’ami Nicolas pousse élégamment sa gueulante contre une revendication qui prolifère parmi de nombreux élus de la République: celle de conserver le numéro du département accolé aux nouvelles plaques d’immatriculation qui fleuriront bientôt sur nos tas de ferrailles (enfin, les vôtres, moi je n’en ai pas).

Une petite explication tout de même pour ceux qui n’auraient pas compris les tenants et les aboutissants de cette revendication à haute teneur politique:

Jusqu’à maintenant, nos plaques ressemblaient à ça: blanche devant, jaune derrière, de type 1234 AA et le numéro de votre département. Avec à votre gauche le pays -mais il me semble que ce n’est pas obligatoire, en tout ça ne l’est plus.

Ce qui va changer?

Une plaque européenne commune qui adopte le système suivant: AA-123-AA. Et le numéro du département? Eh bien il passe à l’as, sauf si vous le voulez, en option. Précision tout de même: il n’aura aucune valeur administrative, ce qui revient à mettre un autocollant PSG derrière son pare-brise (”Paris! Paris! On-t’en-c***!”). Certains grognent, voudraient rendre cette distinction suprême obligatoire, crient à la perte d’identité, défendent les valeurs de “leur” département, bref, tombent dans un “départementalisme” de mauvais aloi. C’est du pipeau. Mettez côte à côte un Longovicien et un Nancéien, vous verrez que leurs histoires ne sont pas si communes et leurs traditions pas toujours les mêmes.

Je dis ça aussi parce que je suis un habitué. Quand j’avais encore mon scooter, la plaque d’immatriculation se présentait sous la forme A 123 A, sans aucune distinction. Et je ne m’en suis jamais plaint. Il serait temps que la centaine d’élus qui a signé ce texte se concentre sur des choses un poil plus … primordiales, et délaisse ce crypto-poujadisme de bistrot.

Je poufferais si ce n’était pas aussi grave. Alors que j’avais décidé de boycotter par tous les moyens les Jeux Olympiques, moi qui adore le sport -à la télé-, voilà qu’un ami m’envoie un mail ce matin, article à l’appui, pour me parler de cette splendide saillie de Bush le magnifique contre la Chine communiste et son irrespect des Droits de l’Homme, appelant cette dernière à “laisser les gens dire ce qu’ils pensent” et lançant ce mini-missile: “Nous sommes profondément persuadés que les sociétés qui autorisent la libre expression des idées ont tendance à être les plus prospères et les plus apaisées“.

Pour quelqu’un qui se fait le chantre du droit à la torture dans les prisons de Guantanamo, ça en devient presque comique. Presque. Car la comparaison avec le représentant du “Pays des Droits de l’Homme” (locution qui perd chaque jour un peu plus de son sens dans l’action politique concrète du Président) est plus que dérangeante. Le silence du Président Sarkozy sur les Droits de l’Homme devient assourdissant, alors qu’il déclarait aux athlètes voilà quelques jours qu’on doit “discuter avec tout le monde”.

Pour sûr, discuter, Sarkozy le fait. Notamment avec son nouvel ami le Président Premier ministre Poutine, entre deux gros câlins au petit Louis. On ne sait pas si les deux hommes ont discuté de l’Ossétie, oui semble-t-il. Bien évidemment: un conflit aux portes de l’Europe, c’est bien plus embarrassant que les Droits de l’Homme en Chine.

La deuxième année de l’ère sarkozyste aura marqué un tournant: moins de communication présidentielle, plus de communication ministérielle, et quelques grosses bourdes. C’est en tout cas ainsi que cela a été mis en scène. Car finalement, comme je l’expliquais en commentaire sur le blog Lozère socialiste, la véritable problématique du Parti socialiste et de la gauche tout entière est de parler à des citoyens dont le rapport aux politiques a complètement changé en trois ans.

Pensez: 2005 et 2007, énorme participation à deux consultations, à tel point qu’on parle de “réveil citoyen”, de “prise de conscience”. Et là, en un an, comme assommés, les Français semblent se contrefoutre de tout ce qui leur arrive. Je le vois, mes camarades le voient, dans la rue ou ailleurs: parlez-leur du paquet fiscal, ils haussent les épaules. Parlez-leur des 35 heures supprimées, des quotas pour les sans-papiers, des tests ADN, d’EDVIGE, des JO en Chine, des mesures de rétortion contre les chômeurs, et même aujourd’hui du pouvoir d’achat, un vague soupir et puis s’en vont.

Passer de la défiance à l’indifférence, voilà qui a de quoi inquiéter. Quand les politiques se taisent, le peuple gronde. Quand le peuple se tait -et subit- nous avons de quoi trembler. On peut déjà prédire, sauf changement radical, que le grand vainqueur des prochaines échéances sera l’abstention. Et on sait à qui cela profitera. Tous ces oubliés de la République sarkozyste n’ont même plus foi en l’opposition. Sacrée remise en question. La rentrée risque de nous apporter quelques réponses, et j’avoue ne pas être tout à fait optimiste.

J’ai été tagué par Abadinte, alors je m’y colle.

Il s’agit de:

1- citer la personne qui vous a “tagué”
2- indiquer le règlement
3- choisir un livre, l’ouvrir à la page 123
4- recopier à la 5ème ligne, les 5 lignes suivantes
5- indiquer titre, auteur, éditeur, année d’édition
6- taguer 4 personnes et les prévenir sur leurs blogs

“Les arrangements de discipline avaient commencé de se former déjà à l’époque classique, mais c’est uniquement dans la modernité que le schéma disciplinaire est devenu le schéma de l’administration elle-même.”

Extrait de : “Empire” , Michael Hardt et Antonio Negri, 2000 (10-18).

Tous nos camarades socialistes devraient lire ce bouquin, c’est une mine d’or.

Je refile le bébé à oRélie, CC, Trublyonne et Nicolas Sarkozy.

Je sais, on va me taxer de jouer l’incantation, mais je profite de la pause estivale pour dire ce que j’ai pensé de la gauche ces derniers mois, et ce que j’en attends pour la rentrée. Non pas qu’il n’y ait pas de sujets plus urgents à traiter - je ferai dans les prochains jours une note sur les oubliés de l’été, comme les sans-papiers ou les précaires - mais je suis convaincu qu’une gauche en ordre de marche permettra de mieux engager les luttes nécessaires.

Je ne mettrai pas tout sur le dos des media, mais il est certain que nous n’avons pas été aidés. Nos parlementaires effectuent un vrai travail de vigilance et de contre-propositions, mais nous n’avons pas toujours eu les relais nécessaires. Seulement, c’est aussi de notre faute. C’était à nous, en tant qu’opposition, de porter suffisamment haut notre voix, et j’ai bien dit “notre”. Car je commence à en avoir plus qu’assez que tous les matins, un socialiste me dise dans le poste “moi je serai là le moment venu”.

Soyons clair: en ce moment, je m’en tape. Cette année a été celle de la dispersion, de la polémique stupide, et même si tout cela n’était que la partie émergée de l’iceberg, cela restait le plus visible, masquant le travail des parlementaires d’une part, et des militants d’autre part, qui peinent à redonner confiance dans le Parti socialiste.

La rentrée arrive, le congrès aussi. Je n’attends rien de la Rochelle, et je n’irai sans doute pas. Après les soldes d’été, les rabais sur les camarades candidats au premier secrétariat me gonflent suprêmement. Le naïf -confiant?- que je suis attend beaucoup du congrès, mais d’ici là, le Parti socialiste, notamment, va devoir se bouger un peu plus le derrière pour se faire entendre autrement. Frontalement. Basiquement. Bourrins, en somme. Maintenant l’angélisme de l’opposition constructive et candide dans une France sarkozyste, ça va bien cinq minutes. Il faut dénoncer. Invectiver. Rentrer dans le lard. Remuer les consciences.

Tout de suite. Et pas qu’à travers un blog, notre portée reste faible pour l’instant.

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